JERUSALEM
HISTOIRE
DE
JERUSALEM
Jérusalem, ville
sainte, la
ville où les regards du monde, d'est et d'ouest, se tournent.
Avec plus de 5000 ans
d'histoire écrite, seul son nom évoque
de vives images, même à ceux qui ne l'ont pas encore visitée.
Située
dans les monts de Judée, sur quelques collines de l’ancienne terre de
Canaan,
Jérusalem est devenue, en trois mille ans, le lieu saint de trois
grandes
religions monothéistes : judaïsme, islam et christianisme.
Les
passions et les conflits qu’elle suscite dépassent les frontières du
Proche-Orient. Une ville, trois religions, trois histoires.
C’est à
Jérusalem que se sont déroulés les
principaux actes fondateurs du
christianisme.
C’est à
Jérusalem
que Jésus entre au Temple, prêche, vit la Passion
et la
Résurrection.
C’est à
Jérusalem que les apôtres reçoivent l’Esprit saint au jour
de la
Pentecôte pour prêcher
la foi nouvelle.
Après
la mort du Christ, les apôtres quittent Jérusalem et vont
prêcher à travers le
monde.
Mais
une Eglise chrétienne reste présente à Jérusalem.
L’empereur
Constantin, au début du IVe siècle, entreprend de faire de Jérusalem
une ville
chrétienne.
Des
fouilles récentes au Saint-Sépulcre, derrière la
chapelle Sainte-Hélène,
révélèrent des murs de soutènement de la basilique constantinienne.
Sur
l’une des pierres, on peut
voir à l’œil nu un bateau et deux mots inscrits à l'encre
noire : DOMINE IVIMUS (Seigneur,
nous irons).
Quand
il approcha de la ville et qu'il
l'aperçut, il pleura sur elle. Il disait : "Si toi aussi tu avais su en ce jour, comment
trouver la paix ...! Mais
hélas ! Cela aussi a été caché à tes yeux
Oui, pour toi des jours vont venir où
tes ennemis établiront contre toi des ouvrages de siège; ils
t'encercleront et
te serreront de toutes parts, ils t'écraseront, toi et tes enfants au
milieu de
toi; et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu
n'as pas
reconnu le temps où tu as été visité.
3150
-1200 : L'époque cananéenne
De
cette époque, on a peu de traces, si ce n'est que le nom de
Jérusalem apparaît sur des anciennes statues d'argile égyptiennes. Les
jébuséens, premiers habitants de Jérusalem lui donnèrent leur nom.
1000
-586 : La monarchie, le premier Temple
La
ville acquiert son statut national et religieux après sa
conquête par le roi David.
Son fils Salomon fait construire un temple pour y installer l'arche
d'alliance et lui
donne sa prospérité.
A la mort de Salomon, le royaume d'Israël est divisé entre ses
héritiers. Jérusalem n'est plus que la capitale du royaume de Judée. En
586, le
roi de Babylone Nabuchodonosor occupe la ville et exile la plupart des
habitants.
536
-333 : Le retour et le deuxième
Temple
Le
roi Cyrus de Perse autorise les exilés à revenir. C'est le
scribe Esdras qui obtiendra la reconstruction des murs de la ville et
obtiendra
un retour aux préceptes religieux du judaïsme.
333
-37
: L'époque hellénistique et Asmonéenne
Alexandre
le Grand envahit tout l'empire perse en 333. Son
descendant, Antiochus IV Épiphane entreprend d'helléniser la ville. Mais
lorsqu'il
veut instaurer le culte de jupiter, il provoque la révolte des
asmonéens sous
la conduite de Judas Maccabée qui permet la
libération de Jérusalem et
la purification du Temple. S'ensuivit une période d'indépendance de 80
ans.
37
+ 70 après Jésus Christ : L'époque
hérodienne
et la destruction du Temple
Jérusalem
est
prise par les romains en 63 mais c'est Hérode
qui est roi de Judée sous contrôle romain.
Une deuxième muraille est élevée, plus au nord. C'est évidemment
l'époque de la naissance du christianisme autour
de Jésus de Nazareth, crucifié sur le rocher du crâne près de
Jérusalem.
Enterré à proximité dans le jardin d'un de ses disciples Joseph
d'Arimatie, et ressuscité parmi les hommes.
Ces
événements feront de
Jérusalem une ville sainte pour les chrétiens.
La révolte des zélotes
en l'an 66 conduit au siège de Jérusalem.
L'empereur ordonne de raser la ville. Les
soldats
massacrent les habitants et jettent des torches sur le temple dont les
boiseries s'enflamment, la chaleur fait exploser les pierres du Temple
qui est
détruit. Le judaïsme n'a plus de Temple (lieu
unique de la présence de Dieu). La ville est désertée pour 60
ans.
135
- 324
: L'époque romaine : Aelia Capitolina
L'empereur
Hadrien
entreprend de fonder une nouvelle ville, païenne, sur les
ruines. Il la renomme Aelia
Capitolina.
Les juifs y sont proscrits et le christianisme n'y est pas toléré.
324
-638
: L'époque byzantine
Le
christianisme devenu religion officielle de l'Empire sous Constantin,
des églises vont être érigées partout dans Jérusalem qui attire des
foules de
pèlerins.
Sous
l'impulsion d'Hélène, mère de l'empereur, l'Église
du St Sépulcre sera construite sur les lieux présumés du
Calvaire.
Une autre église est construite sur le mont Sion pour commémorer la
dormition de la
Vierge
et le site de la
Cène.
Au Vème siècle l'impératrice
Eudoxie vient s'installer à Jérusalem et la ville s'agrandit
considérablement.
Elle fait construire la
basilique St Etienne.
Jérusalem
devient un patriarcat au même titre que Rome, Constantinople, Antioche,
et
Alexandrie.
Les perses sassanides s'emparèrent de la ville en 614, qui fut
reprise en 629 pour finalement tomber aux
mains des Arabes en 638.
638
-1099 : La première
époque Islamique
Le
patriarche Sophronius
remit les clés de la ville à Omar,
le chef des armées arabes et reçut en échange l'assurance que les
droits des
chrétiens seraient respectés.
A
la fin du VIIème siècle, Jérusalem
devient le troisième lieu saint de l'Islam
après la Mecque
et Médine.
Le mont du Temple et le Rocher furent identifiés comme le lieu d'où
le prophète prit son envol pour le paradis. D'où la construction du
dôme du
rocher dont la splendeur illumine encore Jérusalem.
Puis le régime éclairé des Arabes
Omeyyades fit place à la dynastie des Turcs Abassides.
Ce fut une ère de déclin pour Jérusalem.
1099-1250
: L'époque
des croisés et la dynastie Ayyubide
Les
croisés
conquièrent Jérusalem en 1099 sous
prétexte que les chrétiens ne pouvaient plus s'y rendre en pèlerinage.
Les habitants juifs et musulmans sont massacrés. Le royaume latin de Jérusalem est instauré.
De nombreuses églises sont construites.
Saladin reconquiert
la ville en 1187. Saladin restaure
les fortifications de la ville et les prolonges jusqu'au mont
Sion. Les juifs sont autorisés à revenir.
1250-1517 : L'époque Mameluk
Originaires
des steppes d'Asie et fraîchement islamisés, les Mameluks
conquièrent la ville et y
entreprennent de grandes constructions : écoles, institutions de
charité,
auberges.
1517-1917 : L'époque Ottomane
Ils
sont bientôt renversés par les Turcs Ottomans.
Soliman le magnifique porte un grand
intérêt à la ville et la restaure
puis elle décline. C'est avec l'expulsion des juifs
d'Espagne au XV-XVIèmes siècles que la Jérusalem
juive renaît.
C'est sous le gouverneur d'Égypte Ibrahim Pacha que la ville s'ouvre à
nouveau
à l'occident.
De nombreuses associations religieuses s'y installent. Le chemin de fer
arrive
à la fin du XIXème. Des chercheurs viennent cartographier Jérusalem et étudier son passé.
1917-2005 :
L’époque moderne et la renaissance
d'Israël
A
la fin de la 1ère guerre mondiale, Jérusalem
est prise par les Anglais.
Un vaste plan d'urbanisation est lancé, en pierre de Jérusalem
(béton et
tôle sont proscrits).
Les tensions entre juifs, arabes et britanniques se traduisent par des
émeutes
sanglantes en 1920, 1929, 1936-39.
Avant l'échéance du mandat britannique de 1948, des affrontements
guerriers
entre Juifs et Arabes aboutissent à la prise d'une partie de la ville
par ces
derniers après un long siège.
La ville est coupée en deux. L'état d'Israël, dès sa formation, fait de
Jérusalem sa capitale.
Lors
de la guerre des Six Jours en 1967, les Juifs
reprennent la ville et aujourd’hui
Toutes les religions s'y côtoient à nouveau,
malgré les tensions.
Plan
de la ville de Jérusalem
a l’époque de Jésus
LES
PRINCIPAUX LIEUX RELIGIEUX
LE MONT DES
OLIVIERS
Le
Mont des Oliviers
est une colline
d’environ 800 mètres
d’altitude située juste à côté de Jérusalem,
à l’est de la ville, et séparée d’elle par la vallée du Cédron.
Dans l’Antiquité, la région était riche en oliveraies, et le Mont des Oliviers doit sans doute
son nom aux plantations extensives qui devaient s’y trouver. Cette
colline
n’est mentionnée qu’à quelques endroits dans l’Ancien Testament,
habituellement
désignée comme
« la montagne en
face de Jérusalem ». C’est le Mont
des Oliviers que le roi David gravit en pleurant, pieds nus
et la tête
voilée, lorsqu’il fuit son fils Absalon qui
s’était révolté contre lui (2 S 15,30).
C’est là aussi que le roi Salomon fit
ériger des autels en l’honneur de dieux étrangers (1 R 11,7),
sanctuaires que le roi Josias fera
détruire lors de sa réforme (2 R 23,13).
Dans
le Nouveau Testament,
le Mont des Oliviers est
associé à
quelques épisodes des derniers jours de la vie de Jésus.
Lorsque Jésus vint à
Jérusalem en compagnie de ses disciples à l’occasion de la
Pâque, il résida
à Béthanie (Jn 12,1),
un village situé sur le versant est du mont
des Oliviers. C’est non loin de là que Jésus, avant son
entrée à Jérusalem, envoya des
disciples chercher
un ânon (Mc 11,1-2),
et c’est lorsqu’« il approchait de
la descente du Mont des Oliviers » que Jésus fut acclamé par ceux qui
l’accompagnaient, selon Luc (19,37).
C’est aussi à partir du Mont des
Oliviers que Jésus
contemple les
grandes constructions du temple et qu’il en annonce la destruction
prochaine.
DOMINUS
FLEVIT
La
chapelle franciscaine de Dominus
Flevit (en latin, le Seigneur a pleuré) fut construite en
1955, à proximité
du site que les pèlerins du moyen âge identifiaient comme le lieu où Jésus versa des larmes sur la ville. Ce
site, acquis
par les Franciscains en 1881, se trouvait sur le trajet des processions
allant
du mont des Oliviers jusqu’à la basilique du Saint-Sépulcre.
Des fouilles archéologiques menées avant sa
construction mirent à jour les fondations d’un monastère et d’une
chapelle du
Ve siècle.
Le sanctuaire moderne fut dessiné par Antonio
Barluzzi, l’architecte de nombreux lieux saints et
sanctuaires construits pendant la première moitié du XXe siècle pour la
Garde franciscaine de la
Terre sainte. Se
démarquant
radicalement de son style traditionnel, Barluzzi
a conçu la chapelle comme une larme stylisée épousant la forme dune
croix
grecque. Derrière l’autel, dans le mur ouest, une baie offre un panorama de la Vieille
Ville.
PATER
NOSTER
Des
milliers de pèlerins provenant de tous les pays et de toutes les
confessions viennent visiter la "Grotte mystique" des
enseignements eschatologiques
du Christ pour prier le Pater dans différentes langues, inscrites sur
les murs
du Sanctuaire et du cloître, qui sont approximativement au nombre de
150.
La
nuit du mardi saint, les fidèles se rendent à l’église de
l’Eléona, qui recouvre la grotte où le Seigneur avait coutume
d’instruire ses
disciples; là, debout devant les fidèles, on lit le discours de Jésus
sur les
événements de la fin (Mt 24-25).
Le terme « eléona »
n’est que la déformation araméenne du mot grec elaion, qui
signifie « olivier »; Eléona n’est
donc que l’église du mont des « Oliviers ».

L’EGLISE
DE L’ASCENSION
L'église
de la
Sainte Ascension ou
Le
Dôme de l'Ascension fut prise par Saladin en 1187 et convertie en la
mosquée
que l'on voit aujourd'hui. Elle contient la dernière empreinte
traditionnelle
du pied de Jésus sur terre avant son ascension vers les cieux.
Deux
autres locations préservent l'emplacement de l'ascension. La
mère de Constantin construisit une église sous l'église moderne de
Pater noster
afin de commémorer l'évènement. Une tradition plus récente relie
l'ascension à
l'église orthodoxe de l'Ascension.
GETHSEMANI
Dans
la Bible,
Gethsémani, le pressoir à huile est un lieu désignant une oliveraie
au pied du Mont des Oliviers,
connu dans les Evangiles pour être
le lieu où ont prié Jésus et les apôtres avant la Crucifixion.
Franchissant
le torrent
du Cédron,
Jésus et ses disciples gagnèrent un
jardin situé au pied du Mont
des Oliviers,
appelé Gethsémani où sans
doute il venait habituellement bivouaquer avec ses disciples. Judas,
qui le savait, y conduisit ceux qui venaient l'arrêter.
Alors Jésus parvient
avec eux à un domaine appelé Gethsémani et leur dit : "Restez
ici,
pendant que je m'en vais là-bas pour prier".
Le
nom Gethsémani
correspond à la forme grecque du terme hébraïque Gat
shemanim (pressoir à huile [d’olive]). Les huit oliviers du
jardin attenant sont très anciens. Il est difficile de dater les
oliviers car
ces arbres renouvellent aussi bien leur tronc que leurs racines, de
sorte qu’un
arbre d’apparence jeune peut, en fait, avoir de vieilles racines.
L'EGLISE
DES CINQ NATIONS
Construite
en 1924 sur le site traditionnel du
Jardin de Gethsémani, la basilique
de l’Agonie abrite un pan du rocher
identifié comme l’endroit où Jésus pria seul dans le jardin, la nuit de
son
arrestation. Bien qu’il ne soit pas certain qu’il s’agisse précisément
de cet
emplacement, le cadre correspond à la description qu’en donne
l’Evangile, et la
basilique actuelle, dessinée par l’architecte Antonio
Barluzzi, repose sur les fondations de deux lieux saints
antérieurs : une chapelle des croisés du XIIe siècle, abandonnée en
1345 ; et
une basilique byzantine plus ancienne, datant du IVe siècle, détruite
par le
tremblement de terre de l’année 746.
ST
PIERRE EN GALICANTE
Saint-Pierre
en
Gallicante est
un site religieux qui remonte à l’époque byzantine.
Il a conservé la tradition de la trahison de Pierre,
près de l’emplacement du palais de Caïphe.
« Gallicantu » : «
Le
coq
chante » : ce mot s’inspire
de la prédiction de Jésus
à Pierre : « Avant
que le coq chante, tu m'auras
renié trois fois. » .
L’église actuelle, inaugurée en 1931, a
été construite sur
l’emplacement d’une première église de l’époque byzantine
(vers 450). La fosse
profonde sur laquelle elle est bâtie,
les vestiges
archéologiques des alentours (fondations, mosaïques, citernes) et la voie
à
degrés souvent utilisée par Jésus permettent
de revivre son procès religieux devant le Grand
Prêtre et le Sanhédrin. Ce lieu accueille de
nombreux pèlerins attirés
par les traces du passage du Seigneur.
LE
TOMBEAU DE DAVID
David a été
enterré dans cette ville sur la colline orientale (1 Rois 2 :10). A l’époque byzantine, David
et James, fondateurs juifs et
chrétiens de Jérusalem, étaient les sujets de célébrations liturgiques
dans
l’église du mont Sion. De là remonte la croyance que tous deux furent
enterrés
sur le mont Sion. Le tombeau de David y était situé et celui de James
se
trouvait dans la cathédrale Arménienne.
Par la cour recluse du
monastère
franciscain du XIVe siècle, on atteignait le rez-de-chaussée du
bâtiment, dans
une chambre, qui fait actuellement office de synagogue. La porte de
droite
donne sur une salle de prière où
se
trouve un cénotaphe qui indique
l’endroit du tombeau du Roi David.
La pierre tombale est recouverte d’une étoffe en velours et par dessus on peut voir
les couronnes de la
Torah des synagogues des communautés juives qui ont été détruites
pendant
l’holocauste.
Sur
la pierre tombale apparaît une
sculpture de la période des Croisés. Les carrelages qui se trouvent
sous
l’actuel carrelage du Tombeau de David datent de la période des Croisés
et des
périodes byzantine et romaine. Ainsi, les fondations remontent au IIe
siècle
après J.C.
LE
CENACLE
C’est
le lieu où Jésus
et ses disciples avaient organisé le repas pascal – la dernière Cène,
avant que Jésus ne soit arrêté puis jugé (Mathieu 26 :17-29).
C’est
ici même que Jésus
apparut après la Résurrection, le miracle
de la Pentecôte ayant eu lieu
lorsque le Saint-Esprit descendit
vers ses disciples et qu’ils se mirent à parler en plusieurs langues
(Actes 2
:1-4).
Le style architectural de la « chambre supérieure » est gothique
chypriote. Sur
la colonne droite de l’entrée se dessine un bouclier des Croisés
portant le nom
de la ville allemande Regensbourg.
Les piliers à l’entrée de la chambre supérieure sont plus anciens que
la
structure des Croisés.
Au-dessus du palier, en haut des escaliers se trouvent des colonnes
en marbre qui soutiennent une petite coupole voûtée. Sur l’une des
colonnes on
peut voir un chapiteau avec deux pélicans (poussins) tirer doucement
sur la
poitrine d’un troisième, un motif chrétien qui représente l’expiation.
La
construction en forme de coupole et le mihrab datent de l’époque
mamelouke.
LA
DORMITION
La
Dormition s'est
appelée entre 1998 et 2006 Sainte-Marie de Sion
pour rappeler l'église byzantine( la sainte Sion)
construite à cet endroit en 415. La communauté est revenue au nom de la
Dormition
pour son centenaire en 2006..
C'est
l'empereur Guillaume II
lui-même qui acheta au sultan Abdul-Hamid
pour 120 000 marks-or un terrain sur le Mont Sion
pour le compte de l'Association allemande de la Terre Sainte
en 1898. D'après la tradition locale, c'est ici, au voisinage du Cénacle,
que Marie, la mère de Dieu, se serait endormie. De là le nom du
monastère ; l'église elle-même porte le nom de basilique de
l'Assomption
(ou de la Dormition).
L'architecte du diocèse de Cologne,
Heinrich Renard, (1868-1928) se rendit à Jérusalem l'année suivante. Il
commença par fouiller le terrain et découvrit des vestiges de l’église
byzantine ainsi que d'autres églises.
La première pierre de
l'abbaye et de la basilique fut posée le 7 octobre 1900. En dix ans
seulement,
la construction de la basilique et de l'abbaye était achevée. La
basilique fut
consacrée par le patriarche latin le 10 avril 1910. L'architecte
Heinrich
Renard, s'est inspiré de la cathédrale carolingienne d'Aix-la-Chapelle.
LA VIA DOLOROSA
La
Via Dolorosa
(en françaiss :
Chemin de la Souffrance)
est une rue
de la Vieille ville de
Jérusalem.
Selon la tradition religieuse, elle est le chemin que Jésus a emprunté
avant sa crucifixion.
Ce chemin est marqué par neuf des
quatorze Stations du Chemin de Croix.
Les cinq dernières stations sont à
l'intérieur de l'Eglise du Saint-Sépulcre.
Il s'agit d'un lieu
de pèlerinage
très important pour les Chrétiens.
Le
parcours
traditionnel débute juste à l'intérieur de la Porte des Lions
(Porte saint Étienne),
près du lieu où se trouvait l'ancienne forteresse Antonia
et s'oriente vers l'ouest
par la
Vieille Ville
jusqu'à l'Église du Saint-Sépulcre. Ce parcours tire son origine d'une
procession
organisée par les Franciscains au XIVè siècle.
LE
MUR OCCIDENTAL
C’est
en tant que mur de soutènement
destiné à supporter le Mont du Temple
que le Mur Occidental fut bâti. Il s’étend sur
quelque 200
mètres,
la longueur du Mont du Temple (à
gauche quand on regarde le Mur). Les bâtiments du quartier musulman le
masquent
presque totalement.
Depuis
le début du Moyen Age, l’aire se
trouvant face au Mur avait été utilisée comme un dépotoir. (C’est
pourquoi la
porte la plus proche du Mur s’appelle la
Porte des Immondices.) Au seizième siècle, le
sultan Suleyman découvrit l’endroit où se situait le Mur et
fit
nettoyer complètement la zone environnante.
Les
pierres du Mur Occidental
sont faites de calcaire. Leurs bords sont taillés afin de
former un contour autour de chacune d’elle. C’est le style typique
employé par
le roi Hérode qui régna au premier
siècle avant JC sous la tutelle romaine et qui érigea le mur de telle
sorte
qu’il soutienne le Mont du Temple.
En levant les yeux, on s’aperçoit que les pierres sont de plus en plus
petites.
La raison en est qu’au début, le mur n’était pas aussi haut que
maintenant et
que des ajouts ont été effectués au cours des siècles. Les fondations
du mur
sont en fait à environ six mètres en dessous de l’endroit où l’on prie.
Une des pierres mesure plus de douze mètres de
long et pèse 400 tonnes. C’est la
plus grande pierre jamais extraite par les hommes dans le monde –
aucune autre
pierre approchant cette taille n’ existe en Grèce, dans les pyramides
ou à
Manhattan. Aucune grue moderne n’est capable même de soulever une telle
pierre.
Qu’elle ait pu être mise là est un prodige technologique. D’autres
pierres ont
un poids de plus de cent tonnes. On peut les voir en passant dans les
tunnels
archéologiques qui ont été percés récemment.
Nombreuses
sont les personnes qui ont la
coutume de placer entre les pierres des petits
morceaux de papier sur lesquels sont rédigées des prières.
Selon la
tradition juive, le Mont du Temple
est l’endroit le plus saint
de la terre et la présence de Dieu y est permanente. Il est également
enseigné
dans la tradition mystique juive
que
toutes les prières prononcées aux quatre coins du monde parviennent au
Mur puis
s’élèvent jusqu’au ciel.
LE
SAINT SEPULCRE
Constantin
le Grand,
qui fut le premier
empereur romain à épouser le christianisme, En 326, impliqué dans une
controverse
ecclésiastique, il convoqua une assemblée d'évêques venus de tous les
points de
l'Empire. Parmi eux se trouvait Macarius, évêque d'Aelia
Capitolina, comme était encore appelée Jérusalem.
La mère de l'empereur, la reine Hélène,
convertie au christianisme, fut très
impressionnée par les récits de Macarius
parlant de l'état lamentable des lieux sanctifiés
par la vie et la mort de Jésus. Avec
la bénédiction et les
fonds de son fils, elle se rendit en Terre
sainte.
Elle
identifia à Jérusalem
le site de la Crucifixion (le roc tenu pour être celui du Golgotha) et la tombe proche, connue
comme Anastasis
(résurrection
en grec). L'empereur décida de bâtir un sanctuaire approprié au site :
ce fut
la magnifique église du Saint-Sépulcre,
décrite en détail par Eusèbe,
historien et biographe de l'époque.
L'église,
détruite par les
Perses en 614,
fut en partie reconstruite par la
suite, puis détruite par le calife égyptien Hakim,
avant d'être reconstruite en 1048 par l'empereur byzantin Constantin Monomaque. En 1144, les
Croisés rebâtirent l'église toute entière sous un seul toit, avec
maints ajouts
et modifications. Au cours des siècles suivants, l'édifice se délabra.
On reconstitua le plan de l'église primitive en se basant sur des
sources écrites, des preuves architecturales ainsi que sur des
découvertes
faites durant l'étude. L'église byzantine était composée de quatre
éléments
distincts : l'entrée depuis la rue principale le Cardo (aujourd'hui
rue marchande principale de la Vieille
Ville), menant à une cour (atrium
oriental), puis vers la basilique (le martyrion), et
vers un atrium intérieur (le jardin sacré) et vers l'extrémité
occidentale, la rotonde (anastasis)
où se trouve le
sépulcre.
L’ANTONIA
La
Forteresse Antonia
était une vaste
caserne militaire située à Jérusalem,
construite par Hérode le
Grand
sur le site d'une ancienne citadelle hasmonéenne.
On
pense que la Forteresse Antonia
est devenue plus tard le lieu
du Prétoire.
Il s'agit aussi probablement de l'endroit où Jésus
a été présenté devant Ponce
Pilate.
L'historien
Flavius Josèph
décrit l'édifice Antonia
comme
étant une forteresse flanquée de quatre tours à chaque coin. Il
localisait
cette dernière à l'angle Nord-ouest des colonnes qui entouraient le
Temple. Les
images modernes la situent souvent le long du côté Nord de l'enceinte
du Temple.
Avant
la guerre de Judée,
la forteresse Antonia abritait
une partie de la garnison romaine de Jérusalem.
Les Romains
conservaient les habits sacerdotaux du grand prêtre
dans la
forteresse. La
forteresse Antonia fut détruite en
70
par l'armée de Titus
lors du siège.
L’ESPLANADE
DES MOSQUEES OU DU
TEMPLE
L'esplanade
des
mosquées pour les musulmans
ou esplanade
du temple pour les juifs
est le
premier lieu
saint du Judaïsme et le troisième de l'Islam après La Mecque et Médine.
Située
dans la vieille ville de
Jérusalem sur le Mont du Temple,
elle est aussi appelée « mont de la
Maison [de Dieu] » par les juifs , « mont du
Temple » par les
chrétiens en référence au Temple de Jerusalem
et « noble
Sanctuaire » par les musulmans. Elle héberge,
depuis le VIIè siècle,
deux haut lieux de l'islam,
le dôme du Rocher
et la Mosquée Al-Aqsa.
À ses pieds se trouve le Mur des Lamentations.
Le mont a une signification très importante dans
le judaïsme et le christianisme.
Selon
le Talmud,
c'est du
sol de ce lieu que Dieu rassemble
l'argile qui forme Adam.
C'est là qu'Adam, puis selon son
exemple, Caïn, Abel et
Noé
font leur holocauste.
La tradition juive place aussi, à cet endroit, le dôme du Rocher,
actuel et le Mont Moriah
de la Bible, le geste sacrificiel d'Abraham.
C'est encore là que Jacob
voit en songe
des anges monter et descendre une échelle et où il lutte contre l'ange Gabriel,
prenant le nom d'Israël
à la suite de cet
épisode.
Le
Roi David
achète cette terre pour y construire un autel permanent. Salomon
réalise ce vœu en construisant
à cet endroit le premier Temple en -950, détruit par Nabuchodonosor II
en -586, date qui marque l'exil des Juifs
à Babylone.
Le
second Temple
y est établi par Ezra à partir de - 516,
après le retour
d’exil. Il est détruit par Titus
Flavius Vespasianus en 70,
à l'exception du mur
ouest, aujourd'hui connu comme le Mur des Lamentations,
lieu de prière le
plus important des juifs contemporains. Pour certains Juifs, c’est
aussi le
site du troisième temple de Jérusalem
lors du
retour du Messie.
Selon
le Coran,
c'est là que la foi d'Abraham
est
testée par Dieu dans l'épisode du
sacrifice de son fils aîné, Ismaël
(Isaac
selon la Bible,
les récits du Coran et de la Bible ne s'accordant pas sur le nom du
fils impliqué).
Pour les musulmans, cet
endroit est surtout le point d'où Mahomet
est monté au paradis lors de voyage nocturne que Mahomet
a fait de La Mecque à
Jérusalem, emporté par son cheval Bouraq.
Le Coran
ne
cite pas le nom de Jérusalem.
LA TOMBE DU JARDIN
La
tombe
du jardin
situé en dehors des murs de
Jérusalem et que beaucoup croient être le Sépulcre
et le jardin de Joseph
d'Arimathée. Cette
tombe a été
découverte en 1867
D'après
le Nouveau Testament, le tombeau
de Joseph d'Arimathée avait les caractéristiques suivantes :
1.
Il était près de l'endroit de la crucifixion
(Jean 19:42)
2. Il était taillé dans le roc, dans un jardin
et appartenait à un homme riche (Mat. 27:60)
3. De l'extérieur, les disciples pouvaient
regarder dans le tombeau (Jean 20:5)
4. La
tombe était fermée par une grosse pierre qu'on roulait à
l'entrée (Mat.
27:60)
5. Il y avait une première pièce pouvant
contenir un certain nombre de personnes (Luc 24:1)
6.
C'était
un tombeau tout neuf et non un ancien
remis à neuf (Jean
19:41, Mat. 27:6)
En
1882,
le général Gordon,
spécialiste de la Bible
aussi bien que militaire britannique éminent, fut convaincu que ce site
était
le lieu probable de la crucifixion du Seigneur
Jésus-Christ. Le Nouveau Testament appelle le lieu de la
crucifixion Golgotha, ce qui signifie « lieu du
crâne », ou « calvaire » en latin. (Marc
15:22).
LE
TOMBEAU DE LA VIERGE
Le
tombeau
de la vierge
est situé à Gethsémani,
sur le Mont des Oliviers. On
l’appelle aussi l’église de l’Assomption.
La tombe de la vierge peut être vue dans une crypte assez profonde.
Les
évangiles disent que Marie, la Mère de
Jésus, est morte à Jérusalem,
près du Cénacle, dans le lieu où se
trouve l’actuelle Abbaye bénédictine de la Dormition. Les
apôtres portèrent Marie
près de Gethsémani et la déposèrent dans un sépulcre. Trois
jours après,
les anges la transportèrent au ciel.
L’existence d’une
église est attestée par des auteurs de la fin du
6e siècle. L’église est probablement détruite par les
Perses en 614, et reconstruite par la suite .
Les
Croisés trouvent les ruines
laissées par le calife Al-Hakim en 1009.
En 1130, les Bénédictins
reconstruisent une double église, à l’emplacement probable de l’église byzantine.
En 1187, Saladin détruit
partiellement l’église. Celle-ci est restaurée par les Franciscains au 14° siècle, puis
reconstruite par l’Eglise
grecque orthodoxe
en 1757. La
façade et l’escalier monumental datent du début du 12e siècle. On voit
aussi la
tombe de la Reine Mélisende, morte en 1161, et la niche où
sont
enterrés d’autres membres de la famille de Baudouin
II.
Le sol était recouvert d’une mosaïque dont il ne subsiste que
quelques vestiges.
EIN
KEREM
Ein
Kerem
signifie la source
de la
vigne. Selon la tradition
chrétienne.
Petit
village situé à 7 km à l’ouest de Jérusalem,
Ein Kerem est blotti dans les collines des montagnes de Juda. Le
village est
déjà connu dans l’Ancien Testament.
Selon
les découvertes archéologiques, il était habité à l’époque romaine.
Les
traditions qui vont établir un lien entre Jean-Baptiste
et cette localité remontent à la fin du 5ème siècle.
Le nom apparaît pour la première fois dans le Grand
Lectionnaire de Jérusalem : Au bourg
d’Ein-Charem, dans l’église d’Elisabeth
la Juste, sa mémoire. » On célébrait
donc la fête
de Ste Elisabeth à cette date. Le
pèlerin Théodose (530) témoigne que
ce fut l’endroit où habita Elisabeth
et Jean
Elisabeth
fuyant de
Jérusalem pour sauver son fils Jean
Baptiste de la fureur d’Hérode et
se cache avec lui dans la montagne. Le texte
évangélique raconte comment la montagne
s’est fendue puis s’est refermée sur les réfugiés. L’église
de Ein Karem ne devait pas être considérée comme la maison
de Zacharie mais comme l’habitation
provisoire d’Elisabeth et de Jean.
ABOU
GOSH
Le
nom précédent de Abou Gosh
était Karyat el Anab (la ville du
raisin en arabe)
car se trouvant à l'emplacement de l'ancien village biblique de Kiryat Anavim (la "ville du
raisin" en hébreu)
L'appellation
du lieu Abou
Gosh provient du nom de la famille propriétaire
du terrain depuis le XVIè siècle.
La famille Abou Gosh
fut une famille musulmane originaire du Caucase.
L'abbaye
Sainte Marie
de la Résurrection est située sur le site d'Abu
Gosh, un des lieux présumés du repas d'Emmaüs
(Luc 24,13-35) à 15 km de
Jérusalem
EMMAUS
Emmaüs
est un
lieu-dit,
proche de Jérusalem,
cité dans un
célèbre épisode de l'Évangile de Luc, dit des pèlerins d'Emmaüs
Emmaüs
est cité dans un
épisode du dernier chapitre de l'Evangile selon Luc dela Bible
chrétienne
où le Christ
qui vient
de ressusciter
le matin de Pâques après
sa crucifixion
et sa mise au tombeau apparaît sur la route
d'Emmaüs à deux disciples désespérés de
sa mort qui fuient Jérusalem.
Les deux disciples lui offrent
l'hospitalité sans le reconnaître : « Il
prit le
pain, prononça la bénédiction et le leur donna. Alors leurs yeux
s'ouvrirent et
le reconnurent... c'est le Seigneur. Les deux disciples
retrouvent la joie de vivre, l'espoir et la foi
en leur croyance en Dieu.
C'est l'image du renouvellement de la
foi : une foi ranimée par l'expérience de cette rencontre, la
rencontre du
Christ ressuscité.
LATRUN
L'abbaye
de Latroun se situe à 15 kilomètres
à
l'ouest de Jérusalem
à la frontière entre la Cisjordanie et Israël.
Elle abrite actuellement des moines chrétiens de
l'Ordre cistercien de la stricte observance (Trappistes)
et est réputée pour son vin.
L'abbaye
fut fondée en 1890
par des moines trappistes venant de l'Abbaye des Sept Fons en
France. En 1898, le
premier vignoble
avait été planté, suivi rapidement par des travaux de défrichements et
des
plantations d'oliviers, de vignes, de céréales et d'agrumes.
Les
religieux furent expulsés pendant la Première
Guerre Mondiale.
L'endroit fut l'objet de vifs combats pendant la Bataille de Latroun en
1948 et passa sous
contrôle jordanien après la guerre. En 1970, les
moines de l'abbaye prêtèrent une partie de leur terre pour la fondation
du village de la paix Neve
Shalom-Wahat as Salam.
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