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Jérusalem

HISTOIRE DE JERUSALEM

Jérusalem, ville sainte, la ville où les regards du monde, d’est et d’ouest, se tournent.

Avec plus de 5000 ans d’histoire écrite, seul son nom évoque de vives images, même à ceux qui ne l’ont pas encore visitée. Située dans les monts de Judée, sur quelques collines de l’ancienne terre de Canaan, Jérusalem est devenue, en trois mille ans, le lieu saint de trois grandes religions monothéistes : judaïsme, islam et christianisme.

Les passions et les conflits qu’elle suscite dépassent les frontières du Proche-Orient. Une ville, trois religions, trois histoires.

C’est à Jérusalem que se sont déroulés les principaux actes fondateurs du christianisme. C’est à Jérusalem que Jésus entre au Temple, prêche, vit la Passion et la Résurrection. C’est à Jérusalem que les apôtres reçoivent l’Esprit saint au jour de la Pentecôte pour prêcher la foi nouvelle.

Après la mort du Christ, les apôtres quittent Jérusalem et vont prêcher à travers le monde. Mais une Eglise chrétienne reste présente à Jérusalem.

L’empereur Constantin, au début du IVe siècle, entreprend de faire de Jérusalem une ville chrétienne.

Des fouilles récentes au Saint-Sépulcre, derrière la chapelle Sainte-Hélène, révélèrent des murs de soutènement de la basilique constantinienne.

Sur l’une des pierres, on peut voir à l’œil nu un bateau et deux mots inscrits à l’encre noire : DOMINE IVIMUS (Seigneur, nous irons).

Quand il approcha de la ville et qu’il l’aperçut, il pleura sur elle. Il disait : “Si toi aussi tu avais su en ce jour, comment trouver la paix …! Mais hélas ! Cela aussi a été caché à tes yeux Oui, pour toi des jours vont venir où tes ennemis établiront contre toi des ouvrages de siège; ils t’encercleront et te serreront de toutes parts, ils t’écraseront, toi et tes enfants au milieu de toi; et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le temps où tu as été visité.

3150 -1200 : L’époque cananéenne De cette époque, on a peu de traces, si ce n’est que le nom de Jérusalem apparaît sur des anciennes statues d’argile égyptiennes. Les jébuséens, premiers habitants de Jérusalem lui donnèrent leur nom.

1000 -586 : La monarchie, le premier Temple La ville acquiert son statut national et religieux après sa conquête par le roi David. Son fils Salomon fait construire un temple pour y installer l’arche d’alliance et lui donne sa prospérité. A la mort de Salomon, le royaume d’Israël est divisé entre ses héritiers. Jérusalem n’est plus que la capitale du royaume de Judée. En 586, le roi de Babylone Nabuchodonosor occupe la ville et exile la plupart des habitants.

536 -333 : Le retour et le deuxième Temple Le roi Cyrus de Perse autorise les exilés à revenir. C’est le scribe Esdras qui obtiendra la reconstruction des murs de la ville et obtiendra un retour aux préceptes religieux du judaïsme.

333 -37 : L’époque hellénistique et Asmonéenne Alexandre le Grand envahit tout l’empire perse en 333. Son descendant, Antiochus IV Épiphane entreprend d’helléniser la ville. Mais lorsqu’il veut instaurer le culte de jupiter, il provoque la révolte des asmonéens sous la conduite de Judas Maccabée qui permet la libération de Jérusalem et la purification du Temple. S’ensuivit une période d’indépendance de 80 ans.

37 + 70 après Jésus Christ : L’époque hérodienne et la destruction du Temple Jérusalem est prise par les romains en 63 mais c’est Hérode qui est roi de Judée sous contrôle romain. Une deuxième muraille est élevée, plus au nord. C’est évidemment l’époque de la naissance du christianisme autour de Jésus de Nazareth, crucifié sur le rocher du crâne près de Jérusalem. Enterré à proximité dans le jardin d’un de ses disciples Joseph d’Arimatie, et ressuscité parmi les hommes.

Ces événements feront de Jérusalem une ville sainte pour les chrétiens. La révolte des zélotes en l’an 66 conduit au siège de Jérusalem. L’empereur ordonne de raser la ville. Les soldats massacrent les habitants et jettent des torches sur le temple dont les boiseries s’enflamment, la chaleur fait exploser les pierres du Temple qui est détruit. Le judaïsme n’a plus de Temple (lieu unique de la présence de Dieu). La ville est désertée pour 60 ans.

135 – 324 : L’époque romaine : Aelia Capitolina L’empereur Hadrien entreprend de fonder une nouvelle ville, païenne, sur les ruines. Il la renomme Aelia Capitolina. Les juifs y sont proscrits et le christianisme n’y est pas toléré.

324 -638 : L’époque byzantine Le christianisme devenu religion officielle de l’Empire sous Constantin, des églises vont être érigées partout dans Jérusalem qui attire des foules de pèlerins.

Sous l’impulsion d’Hélène, mère de l’empereur, l’Église du St Sépulcre sera construite sur les lieux présumés du Calvaire. Une autre église est construite sur le mont Sion pour commémorer la dormition de la Vierge et le site de la Cène. Au Vème siècle l’impératrice Eudoxie vient s’installer à Jérusalem et la ville s’agrandit considérablement. Elle fait construire la basilique St Etienne. Jérusalem devient un patriarcat au même titre que Rome, Constantinople, Antioche, et Alexandrie. Les perses sassanides s’emparèrent de la ville en 614, qui fut reprise en 629 pour finalement tomber aux mains des Arabes en 638.

638 -1099 : La première époque Islamique Le patriarche Sophronius remit les clés de la ville à Omar, le chef des armées arabes et reçut en échange l’assurance que les droits des chrétiens seraient respectés.

A la fin du VIIème siècle, Jérusalem devient le troisième lieu saint de l‘Islam après la Mecque et Médine. Le mont du Temple et le Rocher furent identifiés comme le lieu d’où le prophète prit son envol pour le paradis. D’où la construction du dôme du rocher dont la splendeur illumine encore Jérusalem. Puis le régime éclairé des Arabes Omeyyades fit place à la dynastie des Turcs Abassides. Ce fut une ère de déclin pour Jérusalem.

1099-1250 : L’époque des croisés et la dynastie Ayyubide Les croisés conquièrent Jérusalem en 1099 sous prétexte que les chrétiens ne pouvaient plus s’y rendre en pèlerinage. Les habitants juifs et musulmans sont massacrés. Le royaume latin de Jérusalem est instauré. De nombreuses églises sont construites. Saladin reconquiert la ville en 1187. Saladin restaure les fortifications de la ville et les prolonges jusqu’au mont Sion. Les juifs sont autorisés à revenir.

1250-1517 : L’époque Mameluk Originaires des steppes d’Asie et fraîchement islamisés, les Mameluks conquièrent la ville et y entreprennent de grandes constructions : écoles, institutions de charité, auberges.

1517-1917 : L’époque Ottomane Ils sont bientôt renversés par les Turcs Ottomans. Soliman le magnifique porte un grand intérêt à la ville et la restaure puis elle décline. C’est avec l’expulsion des juifs d’Espagne au XV-XVIèmes siècles que la Jérusalem juive renaît. C’est sous le gouverneur d’Égypte Ibrahim Pacha que la ville s’ouvre à nouveau à l’occident. De nombreuses associations religieuses s’y installent. Le chemin de fer arrive à la fin du XIXème. Des chercheurs viennent cartographier Jérusalem et étudier son passé.

1917-2005 : L’époque moderne et la renaissance d’Israël A la fin de la 1ère guerre mondiale, Jérusalem est prise par les Anglais. Un vaste plan d’urbanisation est lancé, en pierre de Jérusalem (béton et tôle sont proscrits). Les tensions entre juifs, arabes et britanniques se traduisent par des émeutes sanglantes en 1920, 1929, 1936-39. Avant l’échéance du mandat britannique de 1948, des affrontements guerriers entre Juifs et Arabes aboutissent à la prise d’une partie de la ville par ces derniers après un long siège. La ville est coupée en deux. L’état d’Israël, dès sa formation, fait de Jérusalem sa capitale.

Lors de la guerre des Six Jours en 1967, les Juifs reprennent la ville et aujourd’hui Toutes les religions s’y côtoient à nouveau, malgré les tensions.

Plan de la ville de Jérusalem a l’époque de Jésus

LE MUR OCCIDENTAL

C’est en tant que mur de soutènement destiné à supporter le Mont du Temple que le Mur Occidental fut bâti. Il s’étend sur quelque 200 mètres, la longueur du Mont du Temple (à gauche quand on regarde le Mur). Les bâtiments du quartier musulman le masquent presque totalement.

Depuis le début du Moyen Age, l’aire se trouvant face au Mur avait été utilisée comme un dépotoir. (C’est pourquoi la porte la plus proche du Mur s’appelle la Porte des Immondices.) Au seizième siècle, le sultan Suleyman découvrit l’endroit où se situait le Mur et fit nettoyer complètement la zone environnante.

Les pierres du Mur Occidental sont faites de calcaire. Leurs bords sont taillés afin de former un contour autour de chacune d’elle. C’est le style typique employé par le roi Hérode qui régna au premier siècle avant JC sous la tutelle romaine et qui érigea le mur de telle sorte qu’il soutienne le Mont du Temple. En levant les yeux, on s’aperçoit que les pierres sont de plus en plus petites. La raison en est qu’au début, le mur n’était pas aussi haut que maintenant et que des ajouts ont été effectués au cours des siècles. Les fondations du mur sont en fait à environ six mètres en dessous de l’endroit où l’on prie. Une des pierres mesure plus de douze mètres de long et pèse 400 tonnes. C’est la plus grande pierre jamais extraite par les hommes dans le monde – aucune autre pierre approchant cette taille n’ existe en Grèce, dans les pyramides ou à Manhattan. Aucune grue moderne n’est capable même de soulever une telle pierre. Qu’elle ait pu être mise là est un prodige technologique. D’autres pierres ont un poids de plus de cent tonnes. On peut les voir en passant dans les tunnels archéologiques qui ont été percés récemment.

Nombreuses sont les personnes qui ont la coutume de placer entre les pierres des petits morceaux de papier sur lesquels sont rédigées des prières. Selon la tradition juive, le Mont du Temple est l’endroit le plus saint de la terre et la présence de Dieu y est permanente. Il est également enseigné dans la tradition mystique juive que toutes les prières prononcées aux quatre coins du monde parviennent au Mur puis s’élèvent jusqu’au ciel.

L’ESPLANADE DES MOSQUEES OU DU TEMPLE

L’esplanade des mosquées pour les musulmans ou esplanade du temple pour les juifs est le premier lieu saint du Judaïsme et le troisième de l’Islam après La Mecque et Médine.

Située dans la vieille ville de Jérusalem sur le Mont du Temple, elle est aussi appelée « mont de la Maison [de Dieu] » par les juifs , « mont du Temple » par les chrétiens en référence au Temple de Jerusalem et « noble Sanctuaire » par les musulmans. Elle héberge, depuis le VIIè siècle, deux haut lieux de l’islam, le dôme du Rocher et la Mosquée Al-Aqsa. À ses pieds se trouve le Mur des Lamentations. Le mont a une signification très importante dans le judaïsme et le christianisme.

Selon le Talmud, c’est du sol de ce lieu que Dieu rassemble l’argile qui forme Adam. C’est là qu’Adam, puis selon son exemple, Caïn, Abel et Noé font leur holocauste. La tradition juive place aussi, à cet endroit, le dôme du Rocher, actuel et le Mont Moriah de la Bible, le geste sacrificiel d’Abraham. C’est encore là que Jacob voit en songe des anges monter et descendre une échelle et où il lutte contre l’ange Gabriel, prenant le nom d’Israël à la suite de cet épisode. Le Roi David achète cette terre pour y construire un autel permanent. Salomon réalise ce vœu en construisant à cet endroit le premier Temple en -950, détruit par Nabuchodonosor II en -586, date qui marque l’exil des Juifs à Babylone.

Le second Temple y est établi par Ezra à partir de – 516, après le retour d’exil. Il est détruit par Titus Flavius Vespasianus en 70, à l’exception du mur ouest, aujourd’hui connu comme le Mur des Lamentations, lieu de prière le plus important des juifs contemporains. Pour certains Juifs, c’est aussi le site du troisième temple de Jérusalem lors du retour du Messie.

Selon le Coran, c’est là que la foi d’Abraham est testée par Dieu dans l’épisode du sacrifice de son fils aîné, Ismaël (Isaac selon la Bible, les récits du Coran et de la Bible ne s’accordant pas sur le nom du fils impliqué). Pour les musulmans, cet endroit est surtout le point d’où Mahomet est monté au paradis lors de voyage nocturne que Mahomet a fait de La Mecque à Jérusalem, emporté par son cheval Bouraq. Le Coran ne cite pas le nom de Jérusalem.